Mona Lisa - Léonard de Vinci

LA JOCONDE : UNE SAINTE CATHERINE D'ALEXANDRIE ?

IS MONA LISA  A SAINT CATHERINE OF ALEXANDRIA ?

LE BUT DE CETTE ETUDE - PURPOSE OF THE STUDY

Après tout ce qui a été écrit sur "La Joconde" de Léonard de Vinci, il est difficile de regarder ce tableau avec un regard neuf. Nous sommes forcément influencés par toutes les analyses et hypothèses concernant cette oeuvre, à commencer par son nom qui fait référence au personnage historique de Lisa Gherardini, épouse de Francesco del Giocondo, un marchand de soie Florentin.

A lot has been said about Leonardo da Vinci "Mona Lisa". It is difficult now to look at this painting with a fresh eye. Starting with its name, that is refering to Lisa Gherardini, Francesco del Giocondo's wife.

Dans cette étude, j'ai voulu me concentrer principalement sur l'observation du tableau, des symboles et dessins cachés qu'il contient, en tenant compte du contexte de la renaissance italienne et des témoignages de l'époque, pour tenter d'expliquer ce qu'il représente.   

In this study, I wanted to focus mainly on the observation of the painting, the symbols and hidden drawings it contains, taking into account the context of the Italian Renaissance and the testimonies of the time, to try to explain what it represents.


La Joconde du Louvre (Source Wikipedia) 

Deux témoignages historiques nous indiquent que Léonard a peint le portrait de Lisa Gherardini. Giorgio Vasari, peintre et écrivain toscan, en 1550 dans son ouvrage très documenté sur la vie des peintres, nous dit à propos de Léonard :  "Il commença aussi pour Francesco del Giocondo le portrait de Mona Lisa, sa femme, et le laissa inachevé après y avoir travaillé pendant quatre ans. Il est aujourd’hui chez le roi de France, à Fontainebleau". Il a travaillé de nombreuses années à Florence.

Le second témoignage date de 1503, pendant que Léonard peignait la Joconde.


Two historical testimonies tell us that Leonardo painted the portrait of Lisa Gherardini. Giorgio Vasari, Tuscan painter and writer, in 1550 in his very documented work on the lives of painters, tells us about Leonardo : "He also began for Francesco del Giocondo the portrait of Mona Lisa, his wife, and left it unfinished after having worked there for four years. He is now with the King of France, in Fontainebleau". He worked for many years in Florence.


The second testimony dates from 1503, while Leonardo was painting the Mona Lisa.

En 2005, un expert de la Bibliothèque de l'Université de Heidelberg a découvert une note en marge d'un livre sur Cicéron, dans la collection de la bibliothèque. Sur l'annotation, datée de 1503, un officier de la chancellerie florentine, Agostino Vespucci, comparait Da Vinci au grand peintre classique Apelle et témoigne qu'il peignait à cette date le portrait de Lisa del Giocondo.


« Apelle peintre. C'est la façon dont Leonardo da Vinci fait avec tous ses tableaux, comme, par exemple, avec le visage de Lisa del Giocondo et celui de la Sainte Anne, la mère de la Vierge. Nous allons voir comment il va le faire au sujet de la grande salle du Conseil, ce qu'il est juste venu à terme avec le gonfalonier. Octobre 1503 »


In 2005, an expert from the Library of the University of Heidelberg discovered a note in the margin of a book on Cicero, in the collection of the library. On the annotation, dated 1503, an officer of the Florentine chancellery, Agostino Vespucci, compared Da Vinci to the great classical painter Apelles and testified that he was painting the portrait of Lisa del Giocondo on that date.


"Apelle  painter. This is how Leonardo da Vinci does with all his paintings, such as, for example, with the face of Lisa del Giocondo and that of Saint Anne, the mother of the Virgin. We'll see how he's going to make it about the Great Council Hall, what he just came to terms with the gonfalonier. October 1503"

Ces deux témoignages, s'ils nous apportent la preuve que Léonard a peint le portrait de Lisa Gherardini, ne nous permettent en aucun cas de faire le lien avec les tableaux aujourd'hui intitulés La Joconde ou Mona Lisa du Louvre et du Prado.

D'ailleurs Giorgio Vasari continue en nous donnant une description du portait de Lisa Gherardini qui ne correspond pas vraiment aux tableaux actuels : 

"Quand on veut savoir jusqu’où l’art peut s’élever et imiter la nature, il faut voir cette tête. Les plus petites choses y sont peintes avec la plus grande finesse. Le cristal brillant et humide de l’œil, l’ombre de ses cils, n’avaient jamais été rendus avec un tel bonheur. Ces teintes rougeâtres et un peu plombées qui cernent les yeux, et qui leur donnent tant de suavité et de charme quand on parvient à les distribuer avec une telle intelligence et une telle légèreté ; ces passages si délicats et ces tons si tendres par lesquels les sourcils et les poils s’harmonisent avec la chair; ce nez avec ses belles ouvertures et ses facettes reflétées; ces lèvres colorées et riantes avec leurs attaches si mobiles; ce cou et ce creux de gorge; toutes ces choses enfin si fines et si souples ne sont pas de la peinture : elles sont le désespoir des peintres; on dirait une belle femme qui respire et qui vit.

L’habile Léonard, pour arriver à tant de perfection, avait employé, entre autres, ce moyen : pendant que posait la belle Mona Lisa, il avait toujours près d’elle des chanteurs, des musiciens et des bouffons, afin de la tenir dans une douce gaieté, et d’éviter cet aspect d’affaissement et de mélancolie presque inévitable dans les portraits. Aussi fit-il un vrai miracle."


These two testimonies, if they bring us the proof that Leonardo painted the portrait of Lisa Gherardini, do not allow us in any case to make the link with the paintings today entitled La Joconde or Mona Lisa of the Louvre and the Prado.

Moreover Giorgio Vasari continues by giving us a description of the portrait of Lisa Gherardini which does not really correspond to the current paintings:


"When you want to know how far art can rise and imitate nature, you have to see this head. The smallest things are painted there with the greatest finesse. The gleaming, moist crystal of the eye, the shadow of her lashes, had never been rendered so blissfully. These reddish and slightly leaden tints which surround the eyes, and which give them so much suavity and charm when one manages to distribute them with such intelligence and such lightness; those passages so delicate and those tones so tender by which the eyebrows and the hair harmonize with the flesh; this nose with its beautiful openings and reflected facets; those colorful, laughing lips with their mobile attachments; this neck and this hollow of the throat; all these things, finally so fine and so supple, are not painting: they are the despair of painters; she looks like a beautiful woman who breathes and lives.

The skilful Leonardo, to arrive at such perfection, had employed, among other things, this means: while the beautiful Mona Lisa posed, he always had near her singers, musicians and jesters, in order to keep her in a gentle gaiety, and to avoid that aspect of sagging and melancholy which is almost inevitable in portraits. So he performed a real miracle".

POURQUOI CE TABLEAU NE PEUT PAS ETRE LE PORTRAIT D'UNE RICHE FLORENTINE - Why it can't be the portrait of a rich florentine lady

En comparant la Joconde aux portraits de nobles dames de l'époque, on remarque qu'elle ne porte aucun bijou, et que ses cheveux sont très détachés sur le devant. Il aurait été inconvenant pour une riche florentine de se voir représentée ainsi.

Comparing the Mona Lisa to other portraits of noble women of the time (especially those that Leonardo painted in Milan: the Belle Ferronnière, the Lady with the ermine), we notice that she does not wear any jewels, and that her hair is very detached on the front. It would have been inappropriate for a wealthy Florentine woman to be represented in this way.

 Portraits que Léonard a peint à Milan : la Belle Ferronnière, la Dame à l'hermine


Portraits that Leonardo painted in Milan: La Belle Ferronnière, the Lady with an Ermine

Vers 1506, Raphaël peint le portrait de Maddalena Doni, la femme d'un riche marchand florentin avec une coiffure à la mode, des bagues et un collier.


Around 1506, Raphael painted the portrait of Maddalena Doni, the wife of a wealthy Florentine merchant with fashionable hairstyle, rings and necklace.

A cette époque seules les femmes représentant la vierge, des saintes ou des personnages mythologiques sont peintes avec les cheveux détachés. La Joconde n'est à priori pas le portrait d'une noble ou riche dame de l'époque.

D'autre part, seuls les tableaux religieux ou mythologiques ont été produits en plusieurs versions par l'atelier de Léonard. En revanche quand il fait le portrait de quelqu'un, il ne fait qu'une version. On n'a pas retrouvé de copie d'époque des portraits de Ginevra Benci, La Belle Ferronnière ou la Dame à l'hermine.

At that time only women representing the virgin, saints or mythological characters are painted with detached hair. The Mona Lisa is not a priori the portrait of a noble or rich lady of the time.

On the other hand, only religious or mythological paintings were produced in several versions by Leonardo's workshop. When he makes the portrait of someone, he only makes one version. No period copy of the portraits of Ginevra Benci, La Belle Ferronnière or La Dame à l'hermine has been found.

Or ici, nous savons que les Jocondes du Louvre et du Prado ont été produites en même temps dans son atelier. C'est un indice de plus qui tend à prouver que ce tableau n'est pas le portrait de Mona Lisa.

But here we know that the Mona Lisa of the Louvre and the Prado were produced at the same time in his studio. This is one more clue that tends to prove that this painting is not the portrait of Mona Lisa.


UN PORTRAIT RELIGIEUX - A RELIGIOUS PORTRAIT

En observant un carton d'ébauche de la Joconde (possiblement attribué à Léonard par certains experts, le papier date du XVIe siècle), on remarque le dessin d'une grande palme qui part de sa main droite.

Looking at a cartoon drawing of Mona Lisa (attributed to Leonard by some experts), she is holding a long palm branch in her right hand. In Christian art, martyrs were often depicted holding a palm as an attribute.

La palme est le symbole des martyrs sur les tableaux religieux. Sur son visage on repère la forme d'un calice qui se dessine par le jeu des ombres (le nez représente le pied et la coupe se dessine sur le front).

The palm is the symbol of martyrs on religious paintings. On his face we spot the shape of a chalice that is drawn by the play of shadows (the nose represents the foot and the cup is drawn on the forehead).

L'étude de la Joconde - dessin de la Hyde Collection (Wikipedia) 

Enfin, l’étude des couches du tableau du Louvre par numérisation multi-spectrale haute résolution, publiée en 2019 par Pascal Cotte, a révélé plusieurs dessins préparatoires cachés sous l'image. Un diadème de perles sur sa coiffure (en bleu) et un tracé ressemblant à une auréole de sainte autour de sa tête (en rouge). Voir l'image sur son site internet : Lumière technologie - Pascal Cotte   (au passage je recommande vivement  le magnifique livre "MONA LISA DEVOILEE" de Pascal COTTE, qui m'a bien aidé dans cette enquête). La palme, le calice et l'auréole dans ces dessins préparatoires indiquent que le sujet du tableau pourrait être un saint personnage.

Finally, a high resolution muti-spectral scan of the original painting, conducted by Pascal Cotte in 2019,  unveiled many hidden preparatory drawings under the picture we see today. A crown with pearls (in blue) and a circle around her head like the halo of a saint (in red). You can look at the picture on this Web site : Lumière technologie - Pascal Cotte  (Many thanks to Pascal Cotte for his work on Mona Lisa. I recommend his wonderfull book "MONA LISA DEVOILEE"). The palm, chalice and halo in these preparatory drawings indicate that the subject of the painting could be a holy figure.

QUELLE SAINTE EST REPRESENTEE ?  WHICH HOLY WOMAN IS DEPICTED ?

Une des saintes les plus fréquemment représentées en peinture à la renaissance a retenu mon attention : Sainte Catherine d’Alexandrie. Son histoire tragique, riche en rebondissements, fait d’elle un sujet particulièrement intéressant pour un peintre qui aime cacher des symboles dans ses œuvres.

One of the most frequently depicted saints in Renaissance painting caught my attention: St. Catherine of Alexandria. Her tragic story, rich in twists and turns, makes her a particularly interesting subject for a painter who likes to hide symbols in his works.

LA LEGENDE DE SAINTE CATHERINE D'ALEXANDRIE - THE LEGEND OF SAINT CATHERINE OF ALEXANDRIA

Selon “la légende dorée” (livre de Jacques de Voragine, Gênes - 1261), Catherine était une noble et belle jeune vierge née en 294 à Alexandrie. Elle vit Jésus en songe et décida de s'unir à lui. A 18 ans, elle rencontra l’empereur Maximin et tenta de le convertir au christianisme. Comme elle était très éloquente, il convoqua 50 savants pour la confondre. Elle leur tint tête par la pertinence de son discours et ils se convertirent. Furieux, l’empereur les fit brûler au milieu de la cité.

Séduit par sa beauté et son esprit, l’empereur lui proposa de l’épouser. Elle refusa car elle s’était déjà unie à Jésus. Il la fit jeter en prison. Jésus envoya une colombe qui lui apporta de la nourriture. Elle fut ensuite condamnée à un terrible supplice : quatre roues entourées de scies de fer et de clous devaient lui déchirer le corps. La vierge pria le Seigneur de détruire cette machine « et voilà qu'un ange brisa cette meule avec tant de force que 4000 païens furent tués".

L'empereur la condamna alors à être décapitée. Quand elle fut conduite au lieu d'exécution, elle pria Dieu et une voix se fit entendre « Viens, ma bien-aimée ! La porte du ciel t'est ouverte». Puis, quand elle fut décapitée, du lait jaillit de son cou en guise de sang. Alors des anges prirent son corps, l'emportèrent jusqu'au mont Sinaï, et l'ensevelirent. De ses ossements s'écoule désormais sans cesse une huile sainte qui guérit le corps de tous les malades.


According to "The golden Legend" (a book by Jacques de Voragine, Gênes - 1261), Catherine was a beautifull and cultured noble virgin, born in 294  in Alexandria. She once saw Jesus and decided to make a mystical union with Christ. When she was 18, she met Maximin, the Roman Emperor and tried to convert him to christianity.  As she was very brilliant, Maximin asked 50 scholars to confuse her. She managed to convince them to devote to God. The emperor sentenced them to death by burning.

The emperor attracted by her beauty and her spirit, asked for her hand. She refused, because she was already united with Jesus. He put her in jail. Jesus, sending a dove, supplied her with food. Following that, she was condemned to a terrible torment : 4 wheels, surrounded by metal saws and nails will tear her body. Then, the virgin prayed God to destroy this device. "An angel came and broke the wheels into pieces, so strongly that 4000 pagans died".

The emperor sentenced her to be beheaded. When she arrived to the place of execution, she prayed God and a voice said : "Come my beloved! The gates of heaven are opened to you!". When her head was cut off, milk squirted from her neck instead of blood. Then, angels moved her body to Mount Sinaï where she was buried. Holy oil flows continuously from her bones which cures all the diseases.

ICONOGRAPHIE DE SAINTE CATHERINE EN PEINTURE CLASSIQUE - ST CATHERINE SYMBOLS IN CLASSICAL PAINTINGS

Ce tableau de Claude Guinet, en 1512, est un bon exemple de représentation traditionnelle de Sainte Catherine d'Alexandrie à l'époque de Léonard.

On y retrouve beaucoup d'attributs qui évoquent son histoire : la couronne, l'auréole, le livre, l'épée, les vêtements de couleur rouge, vert et or, la roue brisée et la tête de l'empereur ou d'un savant à ses pieds. 

This painting by Claude Guinet in 1512, is a nice example of a tradional depicting of St Catherine of Alexandria. Many attributs are shown : crown, halo, book, sword, green, red and gold clothes, broken wheel, head of the emperor or a scholar.

Sainte Catherine d'Alexandrie - Claude Guinet, 1512 (Source Wikipedia) 

Tapez "portrait sainte Catherine" sur internet et vous trouverez des dizaines de versions avec toutes sortes d'attributs évoquant son histoire : 


You can find a lot more paintings  with differents attributs on the web. They all refer to her eventful story : 

LEONARD JOUE AVEC NOTRE SENS DE L'OBSERVATION - LEONARDO PLAYS WITH OUR SENSE OF OBSERVATION

Si la Joconde représente Sainte Catherine d'Alexandrie, où sont donc ses attributs ? 

C'est là toute l'originalité de ce tableau. Au lieu de peindre une représentation classique de Sainte Catherine, Léonard a choisi de cacher, avec beaucoup de subtilité, les attributs permettant de l'identifier dans l'image. Il nous propose un jeu d'observation en quelque sorte, ce qui correspond bien à ce que nous connaissons de l'artiste, qui considère que l'observation est la base de son art.

If Mona Lisa is Saint Catherine, where can we see her attributs ? 

The time has come to unveil the secrets of this incredible painting. Instead of making a classical picture of Saint Catherine, Leonardo has subtly hidden all her attributs in the picture. He offers us an indentification game based on observation. This completely fit to what we already know of Leonardo, who thinks that observation is paramount in arts.

A LA RECHERCHE DES ATTRIBUTS CACHES - LOOKING FOR THE HIDDEN CLUES

COULEURS DE LA ROBE (VERT, BLANC ET OR)

La restauration numérique de la Joconde du Louvre a révélé la véritable couleur de sa robe qui était vert-de-gris. Une sorte de vert olive. Ses manches sont de couleur or et le haut de ses manches est blanc. On retrouve donc trois couleurs associées à sainte Catherine : vert (savoir), blanc (lait) et or (royauté).

The multi-spectral scan of the painting revealed the original color of her dress : green-grey. Similar to olive oil color. The dress has golden sleeves with white fabric on top. Her clothes are made of the traditional 3 colors associated with St Catherine : green, white and gold.

Image Joconde du Louvre Restaurée (Wikipedia) 

LE FAUTEUIL : UNE EVOCATION DE LA ROUE DE TORTURE

Mona Lisa est assise sur un siège dit "a pozzetto", au dossier arrondi tenu par des balustres verticales. Ce fauteuil, est une évocation de la roue ayant servi au supplice (l'accoudoir circulaire, avec ses rayons, les balustres) et qui fut brisée par les anges (le siège ne représente que 3/4 de cercle, une portion de roue).

Mona Lisa  is seated on a rounded chair with balusters, called "a pozzetto". The shape of the chair make us think of a broken wheel (3/4 of a circle) with wooden spokes.

LE VOILE : SYMBOLE DU MARIAGE MYSTIQUE

Le voile transparent sur sa tête est porté par les jeunes mariée à l'époque de Léonard. Ce symbole évoque l’union mystique de sainte Catherine avec le Christ. 

The transparent veil on her head is the symbol of a bride. The mystical union of St Catherine with God.

L'HUILE QUI RUISSELLE DU CORPS

La forme ondulante des plis du tissu de sa robe verte ressemble à un fluide ruisselant de haut en bas, comme l’huile coulant du corps de la sainte après sa mort. 

The shape of her dress, the ripples of the fabric, make us think of the oil flowing down from the bones of the Saint after her death.

On retrouve le même type de tissu ondulant sur le Salvatore Mundi de Léonard. La couleur bleu de la tunique du Christ est atypique. Le Christ porte une tunique rouge dans les représentations traditionnelles. Mais ici le bleu est choisi par Leonard pour symboliser l'eau bénite ruisselant du corps du Christ. Jésus sauve les hommes par le baptême. 

The same type of fabric can be found on Leonardo's Salvatore Mundi. The blue color of Christ's tunic is atypical. Christ wears a red tunic in traditional representations. But here blue is chosen by Leonard to symbolize the holy water dripping from the body of Christ. Jesus saves men through  baptism. 

LA PALME DES MARTYRS

Une forme de palme (palme des martyrs) soulignée de peinture claire, part du centre de la robe vers l’épaule gauche. Sainte Catherine est presque toujours représentée tenant une palme à la main.

The shape of a palm branch (symbol of martyrs) is undelined with light color, starting from le center of the dress joining her left shoulder.

TETE COUPEE

Une tête grotesque (tête coupée ?) se devine en haut de sa manche gauche, le tissu blanc formant un turban coiffant le visage. Elle apparait de manière plus évidente sur la copie du Prado qui est en meilleur état.

A grotesque head (severed head?) can be seen at the top of its left sleeve, the white fabric forming a turban styling the face. It appears more obviously on the copy of the Prado Museum which is in better condition.

LA COURONNE

La robe est brodée de fils d’or représentant des motifs en croix qui font penser à des fleurs de lys. En renversant l'image on peut y voir l'évocation d’une couronne. 

On the dress some Lily flower patterns are embroidered with golden thread. Taking the picture upside down, it looks like a crown.

Les fleurs de la broderie sont semblables aux fleurs d'une couronne (ici sur le tableau de Claude Guinet).

Golden flower patterns on the dress are similar to the flowers of a crown.

LE MONT SINAI

La partie basse du paysage est désertique (de couleur jaune/orangé). On y trouve une montagne qui pourrait représenter le mont Sinaï, lieu où les anges ont déposé le corps de Sainte Catherine. Le mont Sinaï est évoqué à trois reprises dans les notes de Léonard.

The desert landscape on the down-left corner shows a mountain which could be Mount Sinaï. Mount Sinaï is quoted 3 times in Leonardo's notes.

LA DECAPITATION

En regardant de travers (rotation de 90° gauche) en bas à gauche du paysage, on devine la forme d’une sainte agenouillée. On devine aussi un visage d'homme formé par le dessin de la montagne sur la partie gauche.

Looking sideways the same part of the painting, the shape of a kneeling holy woman appears and also the face of a man on the left.

Similitude avec un exemple tiré du tableau de Sainte Catherine de Claude Guinet. La sainte priant à genoux au moment de sa décapitation.

Exemple taken form Claude Guinet's painting. Catherine is praying, kneeling down about to be beheaded with a sword. 

LA COLOMBE ET LE CALICE

Il y a quelque chose d’étrange dans ce visage qui lui donne un aspect mystérieux. Le visage semble porter un masque. Les coins extérieurs des yeux pointent vers le haut. Deux symboles sont dessinés par les reflets de la lumière. On devine la forme d’une colombe tête en bas ainsi que celle d’un calice sur le nez et le front. La tache claire du front peut aussi représenter la queue de la colombe.


There is something strange about this face that gives it a mysterious look. The face appears to be wearing a mask. The outer corners of the eyes point upwards. Two symbols are drawn by the reflections of light. We can guess the shape of a dove upside down as well as that of a chalice on the nose and forehead. The light spot of the forehead can also represent the tail of the dove.

Les formes de la colombe et du calice sont plus évidents sur l'image infrarouge du tableau. Léonard a choisi de placer la colombe sur le visage de Catherine car elle est envoyée par le Christ pour nourrir Catherine pendant qu'elle est en prison.

The shapes of the dove and the chalice, can be easily seen on the infrared scan of the painting. Leonardo chose to place the dove on Catherine's face because she is sent by Christ to feed Catherine while she is in prison.

L'EPEE

Sur la partie gauche du paysage on devine la forme d'une épée (Symbole de la décapitation).

On the left side of the landscape we can see the shape of a sword (the decapitation).

LES COLONNES

Elles ajoutent une référence au sacré. On en trouve souvent dans les tableaux religieux. On ne voit d'ailleurs que leur base ici, car l'idée de Léonard est toujours de suggérer les attributs avec discrétion.

Roman columns add a religious symbolism in many paintings. Here only a part of them is displayed with the idea to suggest things.

LE CERF

En retournant l'image de 180°, on devine une tête de cerf sous la main de la Joconde. Le tableau étant très abimé on aperçoit quand même l'œil et le museau du cerf. Les plis dorés du tissu de la manche forment les bois de l'animal, comme sur cet autre tableau de Léonard, la "Madone Benois". Le cerf est le symbol du Christ. Sainte Catherine a dédié sa vie au Christ.

Making a 180° rotation and increasing brightness, a beautiful dark deer head is revealed, with gold antler shaped in the sleeve, like on another painting from Leonard la "Madone Benois". The deer if the symbol of the Christ. St. Catherine dedicated her life to Christ.


Raphaël rencontre Léonard au cours de sa période florentine (1504-1508). Il s'inspire de ses tableaux et peint une Sainte Catherine. Comme Mona Lisa, elle cache une tête de cerf dans ses vêtements quand on observe le tableau à l'envers. Ce tableau de Raphaël contient beaucoup de similitudes avec la Joconde. Voir cette page dédiée à la comparaison des deux tableaux

 

Raphael met Leonardo during his Florentine period (1504-1508). He was inspired by his paintings and painted a Saint Catherine. Like Mona Lisa, she hides a deer's head in her clothes when you look at the painting upside down. This painting by Raphael contains many similarities with the Mona Lisa. See this page dedicated to the comparison of the two paintings

LE FELIN

Dans la même rotation, en baissant la luminosité de l'image, on voit une tête de félin (tigre ou lionne) dans le ciel à droite de la Joconde.

Decreasing brightness, a tiger or lionness head is revealed on the right in the sky.


LE LION

En tournant le tableau de 90° à droite, on observe un tête de lion qui se détache sur le paysage montagneux à gauche de la Joconde.

A lion's head is integrated in the mountains on the left (90° right).


DE NOMBREUX VISAGES

On trouve de nombreux visages d'hommes de profil, intégrés dans le paysage. Probablement une évocation des savants ou des païens exécutés sur ordre de l'empereur.

There are many faces of men in profile, integrated into the landscape. Probably an evocation of scholars or pagans executed by order of the emperor.

Sur l'image infrarouge, visage d'un homme barbu sous l'accoudoir (rotation 90° droite).

In the infrared image, face of a bearded man under the armrest (90° right).

Visage grotesque regardant le ciel, situé à droite de la tête du personnage (rotation 90° droite).

Grotesque face located to the right of the character's head.

Visage d'un homme barbu, de profil qui se détache sur le ciel clair, regardant vers le ciel (bord gauche du tableau, rotation 90° gauche).

A face in profile in dark looking towards the sky (left edge of the painting).

Visage dans la montagne à gauche du personnage (rotation 90° gauche).

Face in the mountain on the left of the character.

Un visage masculin ressort en clair dans le paysage. Il faut zoomer-dezoomer plusieurs fois pour le deviner.

A male face stands out in the landscape. You have to zoom in and out several times to guess it.

A droite dans le ciel.

In the sky on the right.

Dans le paysage partie gauche (rotation 90° droite).

In the landscape on the left (rotation 90° right)..

Visage dans le ciel (90° gauche), sur le bord droit du tableau.

Face in the sky (90° left), on the right edge of the painting.

Visage dans la montagne (90° gauche).

Face in the mountain (90° left).

LE BISCIONE

En assombrissant l'image, ressort en rouge une forme de serpent légendaire dans le chemin sinueux à droite du personne (après rotation de 180°). Le basilic ou biscione est présent sur le blason de la famille Sforza.


By darkening the image, a legendary snake shape stands out in red in the winding path to the right of Mona Lisa (after rotation of 180°). Basil or biscione is present on the coat of arms of the Sforza family.


CONCLUSION SUR LE TABLEAU DU LOUVRE - CONCLUSION ON "LE LOUVRE" PAINTING

Ces nombreux éléments graphiques sont distillés dans le tableau créant une atmosphère particulière. Il s'agit d'évoquer l'histoire de sainte Catherine d'Alexandrie sans le montrer explicitement. En plus des attributs de Sainte Catherine, on trouve une multitude de visages savamment incrustés dans l'image à diverses échelles un peu partout dans le paysage et le ciel entourant la Joconde. Léonard a peut-être voulu représenter les 50 savants et 4000 païens morts sur ordre de l'empereur ou suite à la destruction des roues de tortures par les anges. Un tour de force technique puisqu'il réussit à en intégrer une dizaine.

Ainsi s'exprime la subtile originalité dont Léonard fait preuve dans ce tableau, que l'on peut qualifier de véritable "Da Vinci Code". A la lumière de cette étude, comment interpréter le sourire de Catherine ? C'est celui d'un personnage (ou de Léonard à travers lui) qui met le visiteur au défi de deviner qui il est, en cherchant les indices cachés au cœur de l'image.

These many graphic elements are distilled in the painting creating a special atmosphere. It is a question of evoking the story of Saint Catherine of Alexandria without showing it explicitly. In addition to the attributes of St. Catherine, there are a multitude of faces cleverly embedded in the image at various scales throughout the landscape and sky surrounding the Mona Lisa. Leonardo wanted to represent the 50 scholars and 4000 pagans who died on the orders of the emperor or following the destruction of the wheels of torture by the angels. A technical tour de force since he managed to integrate a dozen.

Thus expresses the subtle originality that Leonardo demonstrates in this painting, which can be described as a true "Da Vinci Code". Catherine might be smiling (or Leonardo in its place) because she is wondering : guess who I am ?

ELEMENTS EN FAVEUR DE L'AUTHENTICITE DU CARTON - ELEMENTS OF PROOF ON THE PREPARATORY DRAWING

En regardant avec un peu plus d’attention la manche gauche du dessin préparatoire, on aperçoit la forme d’un visage caché, comme sur le tableau. Sur le visage se dessine en clair la forme d'un calice (nez et front). L’idée des attributs cachés était donc déjà présente à l’esprit du peintre dès le carton. 

Back to the preparatory drawing, we clearly see the shape of a face in her left sleeve and a Chalice on her face. The idea of hidding attributs was in Leonardo's mind from the beginning of the projet.

Le visage caché dans la manche - The hidden face in the sleeve.

Le calice - The Chalice

On devine la tête d'une colombe blanche apparaissant par le jeu de lumières sur la poitrine. On aperçoit son oeil et son bec pointant vers la bouche de Catherine pour la nourrir. Sur le tableau final il choisira de déplacer la colombe sur le visage de Catherine - The dove on the breast of Catherine with its beak towards the mouth to feed the holy woman. On the final painting he will choose to move the dove on Catherine's face

ANALYSONS LA COPIE DU MUSEE DU PRADO - SCANNING THE COPY OF THE PRADO MUSEUM

Ce tableau appartenant au Musée du Prado de Madrid, est considéré par les experts comme une copie réalisée dans l'atelier de Léonard en même temps que l'original. On retrouve des repentirs en communs. Il est en meilleur état que l'original, ce qui facilite l'observation des détails.

On constate qu'une partie des attributs présents dans la version du Louvre se retrouvent ici mais pas tous. Ainsi, les manches sont rouges au lieu de dorées, et le vert de gris de la robe semble avoir tourné au gris avec le temps (C'est une couleur réputée chimiquement instable à l'époque). Voici les indices que j'ai trouvés.

This painting belongs to the Prado Museum in Madrid. Experts stated that this copy has been made live by Leonardo's assistants. Common repentirs reveal the same creation process. This painting is well preserved compared to the "Louvre" version, making it easier to spot the details.

Scanning the picture, we find almost the same attributs but some are different. For instance the sleeves are red, and the green-gray dress have probably turned to gray (green-gray color was said to be unstable). Let's have a look at these differences.

Image Joconde Prado (Wikipedia) 

LA TETE COUPEE

On observe une tête dessinée en arrière plan dans la manche gauche. Un visage rouge avec un turban blanc. On repère aussi la forme d'un buste de femme en trait blanc.

We notice a head drawn in the background of the upper left sleeve. A face in red with a white turban. A white stroke draws the line of a woman's bust in the foreground.

TRAIT NOIR DANS LE COU

On observe une coupure noire dans le cou qui peut faire référence à sa décapitation. Ce symbole pourrait remplacer l'épée, absente de ce portrait.

A black curved line on the neck, probably a symbol of the decapitation. I have not found any sword in this painting.

Même type de marque dans le cou du Saint Jean Baptiste de Léonard pour évoquer sa mort par décapitation.

Same type of mark in the neck of Leonardo's Saint John the Baptist to evoke his death by beheading.

LE LIVRE

On remarque en blanc la forme d'un livre constitué de feuilles de parchemins repliées. Une référence à la grande culture de sainte Catherine.

The white shape of a book with folded papers. A symbol of the cultured Catherine.

PLAIES SANGLANTES DES CROCHETS DE TORTURE

A travers les plis du tissu rouge de sa manche, on peut imaginer les plaies sanglantes laissées sur ses bras par les crochets de torture de la roue.

On her red sleeve we can imagine the bloody wounds made by the torment wheel.

VISAGE D'UN HOMME DANS LE PAYSAGE

En regardant la portion du paysage à mi-hauteur à gauche, on devine un visage à travers le paysage de montagnes, représentant peut-être l’empereur Maximin II ? 

In the landscape on the left, we can see the face of a man who could be the emperor Maximin II.

Voir la tête de l'Empereur Maximin II 

VISAGE DE FEMME DANS LE PAYSAGE

En regardant de travers la partie droite du paysage, on remarque un visage de femme avec de longs cheveux ondulés. Des cascades d'un liquide blanc, s'écoulent autour d'elle. Selon la légende, du lait s'est écoulé de la tête de Catherine lors de sa décapitation.

Looking sideways on the right hand part of the landscape, the face of a curly haired woman appears surrounded by milk waterfalls.

L'ANE

En retournant le tableau de 90°, si on baisse un peu la luminosité, on devine une tête d'âne dans le ciel à droite de la tête de la Joconde. L'âne est un symbole d'entêtement, en adéquation avec celui de Sainte Catherine, qui va jusqu'au bout dans sa volonté de convertir l'empereur et les savants.

A 90° rotation to the right, reveals a donkey's head when dimming the brightness. This animal is famous for his stubborness, a symbol of St Catherine will to convert the scholars and the emperor to christianity.

VISAGE FEMININ

Dans la même rotation, on voit une tête de femme de profil contre le bord gauche du tableau.

Still looking sideways, we can see a woman's head on the left side of the painting.

LE CERF

En retournant le tableau de 180° et en éclaircissant l'image, on observe, comme sur l'original, une magnifique tête de cerf en noir sous la main de la Joconde, avec des bois rouges/dorés formés par les plis du tissu de la manche.

Making a 180° rotation and increasing brightness reveals a beautiful dark deer head, like on the original version, with red and gold antler shaped in the sleeve. 

VISAGES D'HOMMES

On trouve de nombreux visages d'hommes de profil, intégrés dans le paysage. Probablement une évocation des savants ou des païens exécutés sur ordre de l'empereur. Ici, dans le paysage à droite du personnage.

There are many faces of men in profile, integrated into the landscape. Probably an evocation of scholars or pagans executed by order of the emperor. Here, men faces in the landscape on the right.

Sur l'image infrarouge, on distingue des visages de personnages de profil de part et d'autre de Mona Lisa.

On the infrared image, we can see faces of profile characters on either side of Mona Lisa.

Profil de visage grotesque à droite de la tête de la Joconde.

Grotesque face profile to the right of the Mona Lisa's head.

Le profil d'un personnage se détache en clair le long des rochers du premier plan.

The profile of a character stands out in clear along the rocks of the foreground.

Profils de personnages barbus au même endroit mais vu à l'endroit puis à l'envers.

Profiles of bearded characters in the same place but seen in the place and then upside down.

Visages de profil en blanc regardant vers la gauche (partie gauche du ciel).

Profile faces in white looking to the left (left part of the sky).

LES CHIENS

Les têtes de chiens dans le paysage à droite du personnage. Le chien est le symbole de la fidélité, comme Catherine est restée fidèle au Christ malgré les propositions de l'empereur.

Dog faces in the landscape on the right. The dog is the symbol of fidelity, as Catherine remained faithful to Christ despite the emperor's proposals.

CONCLUSION SUR LA COPIE DU PRADO - CONCLUSION ON THE PRADO COPY

Le fait de retrouver les attributs de sainte Catherine dans la copie du Prado est une preuve supplémentaire qui renforce l'idée qu'elle a été réalisée en parallèle de l'original avec la même intention. On constate que le peintre ayant réalisé la copie disposait d'une certaine autonomie. Il a représenté certains attributs de manières différentes et en a ajouté d'autres dans son paysage.

Finding attributs of St Catherine on this copy, confirms that it has been realised as part of the same projet as the original. The copyist of the painting had some autonomy. Some attributs are rendered differently than the original version. 

CATHERINE SFORZA COMME MODELE ? - CATHERINE SFORZA AS THE MODEL ?

Une femme très célèbre a terminé ses jours (à 46 ans) à Florence de 1501 à 1509 pendant que Léonard peignait la Joconde. Il s'agit de Catherine Sforza. Fille du duc de Milan, elle a eu trois maris et de nombreux enfants. Elle a vaillamment maté des révoltes et résisté aux troupes de César Borgia à Forli. Elle était surnommée la lionne de Forli. On retrouve une tête de lionne cachée dans le tableau. Un auteur rapporte aussi qu'elle portait une armure avec un portrait de Sainte Catherine gravé dessus. Le dessin de Biscione est aussi une référence au blason de la maison des Sforza.

 

There was a famous woman in Florence who ended her days (at the age of 46) from 1501 to 1509 when Loenardo painted the Mona Lisa. She was Catherine Sforza, daughter of the duke of Milan. She had married three times and had many children. She valiantly put down revolts and resisted the troops of Caesar Borgia in Forli. She was nicknamed the lioness of Forli. Precisely, we find a lioness head hidden in the painting. One author also reports that she wore armor with a portrait of St.Catherine engraved on it. Biscione's design is also a reference to the coat of arms of the House of Sforza.

Le profil d'un homme barbu que l'on aperçoit dans le paysage montagneux à gauche de la Joconde, présente une certaine ressemblance avec les dessins que Léonard fait de César Borgia vers 1502.

The profile of a bearded man that can be seen in the mountainous landscape to the left of the Mona Lisa, has a certain resemblance to the drawings that Leonardo made of César Borgia around 1502.

Le profil d'homme qui apparait de manière fantomatique au niveau du contraste entre les tons clairs et sombres à gauche de la Joconde possède une certaine ressemblance avec Nicolas Machiavel (le grand nez courbé et le menton très avancé). Nicolas Machiavel en mission pour Florence a accompagné César Borgia et Léonard de Vinci sur les terres de Catherine Sforza à Immola et Forli en 1502.

The profile of a man who appears in a ghostly way in the contrast between the light and dark tones to the left of the Mona Lisa has a certain resemblance to Niccolò Machiavelli (the large curved nose and the very advanced chin). Niccolò Machiavelli on a mission to Florence accompanied César Borgia and Leonardo da Vinci to Catherine Sforza's lands in Immola and Forli in 1502. 

Le Biscione, dont on trouve une évocation dans le paysage, est un serpent fantastique qui est un élément central du blason de la famille Sforza.

The Biscione, of which we find an evocation in the landscape, is a fantastic snake that is a central element of the coat of arms of the Sforza family.

Il existe donc quelques éléments graphiques qui pourraient évoquer l'histoire de Catherine Sforza, comtesse de Forli.

There are therefore some graphic elements that could evoke the story of Catherine Sforza, Countess of Forli.

Concernant la ressemblance physique, le peintre de la cour de Catherine Sforza à Forli, Marco Palmezzano, a très probablement pris Catherine pour modèle dans ses nombreux tableaux de madones.

Regarding the physical resemblance, the court painter of Catherine Sforza in Forli, Marco Palmezzano, very probably took Catherine as a model in his many paintings of Madonnas.

D'autres portraits supposés de Catherine Sforza peut-être moins fidèles, confirment, un visage avec un grand front, des yeux ronds, le nez fin et légèrement courbé, une petite bouche, le bas du visage en pointe et un menton décidé.

Other supposed portraits of Catherine Sforza, confirm a face with a large forehead, round eyes, a thin and slightly curved nose, a small mouth, a pointed lower face and a determined chin.

Un dessin de Léonard représentant un profil de femme présente également une certaine ressemblance avec la Joconde du Prado. Il pourrait s'agir d'un portrait de Catherine Sforza que Léonard aurait réalisé en amont du tableau.

A drawing by Leonardo representing a woman's profile also bears a certain resemblance to the Mona Lisa of the Prado. It could be a portrait of Catherine Sforza that Leonardo would have made before the painting.

Ces caractéristiques du visage correspondent assez bien avec le portrait de la Joconde du Prado, dont le visage n'est pas déformé par le dessin de la colombe comme celui de la Joconde du Louvre.

These facial features match quite well with the Prado's Mona Lisa portrait, whose face is not distorted by the dove design like that of the Louvre's Mona Lisa.

LE VERITABLE PORTRAIT DE LISA GHERARDINI PAR LEONARD ? - THE REAL PORTRAIT OF LISA GHERARDINI BY LEONARDO ?

Nous avons au moins deux témoignages historiques affirmant que Léonard a peint le portrait de Lisa Gherardini (femme de Francesco del Giocondo). Si les tableaux du Louvre et du Prado que nous venons d'étudier représentent Sainte Catherine d'Alexandrie, le portrait de Lisa correspond donc à un autre tableau. Il est possible qu'il existe sous nos yeux mais qu'il ait été attribué à un autre peintre par erreur. En effet les artistes de la renaissance signaient rarement leurs tableaux et nous disposons de très peu de documents écrits qui en parlent. L'attribution des œuvres est donc une mission très délicate. Beaucoup de tableaux ont été successivement attribués à plusieurs peintres par différents experts.

We have at least two historical testimonies claiming that Leonardo painted the portrait of Lisa Gherardini (wife of Francesco del Giocondo). If the paintings in the Louvre and the Prado that we have just studied represent Saint Catherine of Alexandria, Lisa's portrait corresponds to another painting. It is possible that it exists before our eyes but that it was attributed to another painter by mistake.  Indeed, Renaissance artists rarely signed their paintings and we have very few written documents that talk about them. The attribution of works is therefore a very delicate mission. Many paintings have been successively attributed to several painters by different experts.

Un portrait de jeune femme, attribué à Domenico Ghirlandaio, peintre florentin contemporain de Léonard, a retenu mon attention. D'une part le réalisme des traits du visage de la jeune femme et le naturel de sa posture sont bien supérieurs aux autres productions de l'atelier de Ghirlandaio. D'autre part il existe des ressemblances assez nettes entre ce portrait et un dessin des carnets de Léonard représentant une jeune femme de profil.  Voir les détails de l'étude comparative sur cette page : MonaCaterina - Etude "Visage de femme" - De Vinci

Enfin il s'agit d'un petit tableau (les Giocondo n'avaient pas de gros moyens en 1503), qui correspond assez bien à la description que Vasari fait du portrait de Lisa. Le détail de la robe n'est pas totalement achevé. Or Vasari précise que Léonard n'avait toujours pas terminé le tableau, quatre ans après l'avoir commencé.

A portrait of a young woman, attributed to Domenico Ghirlandaio, a Florentine painter contemporary of Leonardo, caught my attention. On the one hand, the realism of the facial features of the young woman and the naturalness of her posture are much superior to other productions of Ghirlandaio's workshop. On the other hand there are quite clear similarities between this portrait and a drawing of Leonardo's notebooks representing a young woman in profile.  See the details of the comparative study on this page  : MonaCaterina - Etude "Visage de femme" - De Vinci

Finally, it is a small painting (the Giocondos did not have large means in 1503), which corresponds quite well to Vasari's description of Lisa's portrait. The detail of the dress is not totally finished. But Vasari points out that Leonardo had still not finished the painting, four years after he started it.

CONCLUSION

Le tableau traditionnellement intitulé "La Joconde" n'est à priori pas le portrait de Lisa Gherardini, épouse de Francesco del Giocondo. Cette femme à la chevelure très détachée et qui ne porte pas de bijoux, ne colle pas avec les portraits des dames de l'époque, y compris ceux réalisés par Léonard. La présence d'une tête de cerf sur son buste et le fait que l'atelier de Léonard ait produit plusieurs versions de ce tableau, nous guide vers un tableau religieux. Les nombreux dessins cachés que l'on peut observer dans cette œuvre évoquent des passages de la vie de Sainte Catherine d'Alexandrie : Epée, colombe, roue de torture, Mont Sinaï, etc...

Léonard pourrait avoir été inspiré par la vie d'une autre Catherine, Catherine Sforza, comtesse de Forli. Lors de son séjour à Imola en 1501-1502, Léonard était au service de César Borgia qui avait combattu Catherine quelques mois plus tôt à Forli. Cet épisode historique a rendu Catherine Sforza célèbre dans toute l'Italie. Après sa défaite, elle passera ses dernières années à Florence, sur les terres de son dernier mari : Jean de Médicis. Elle a forcément croisé le chemin de Léonard qui travaillait à Florence de 1500 à 1506. Le tempérament de Catherine Sforza fait écho à celui de Catherine d'Alexandrie qui resta fidèle à sa foi jusqu'au bout, malgré les supplices que lui infligea un empereur sanguinaire. Léonard aurait alors eu envie de représenter Sainte Catherine d'Alexandrie sous les traits de Catherine Sforza, une femme dans la quarantaine, généralement représentée portant un voile sur la tête comme sur le tableau. Quelques dessins cachés peuvent être interprétés comme des références à celle qu'on surnommait la lionne de Forli : le Biscione (l'animal présent sur le blason des Sforza), la tête de lionne et le profil d'homme barbu ressemblant à César Borgia. 

L'idée de peindre une Sainte Catherine d'Alexandrie n'est pas très originale. C'est un des personnages religieux les plus représentés à cette période. En revanche, cacher ses attributs dans l'image, sans laisser d'indice évident qu'il s'agit d'un tableau religieux (auréole ou autres) est une véritable nouveauté. Ce faisant, Léonard crée une forte ambiguïté sur l'identité du personnage. C'est une période ou Léonard cherche à s'éloigner des codes de la peinture du 15ème siècle en mettant en avant le côté humain des personnages religieux au détriment de leurs attributs traditionnels. Ce tableau est-il un jeu d'observation à l'attention d'un éventuel commanditaire ? Par son sourire, le personnage semble vouloir nous dire : "vous ne devinerez jamais qui je suis !". Le mystère sur l'identité de cette femme plane encore 500 ans plus tard. L'hypothèse d'une Sainte Catherine sous les traits de Catherine Sforza, supportée par les dessins cachés par Léonard, est peut-être "la solution" de l'énigme.


The painting traditionally entitled "The Mona Lisa" is not the portrait of Lisa Gherardini, wife of Francesco del Giocondo. This woman with very detached hair and who does not wear jewelry, does not stick with the portraits of the ladies of the time, including those made by Leonardo. The presence of a deer's head on his bust and the fact that Leonardo's workshop produced several versions of this painting, guides us to a religious painting. The many hidden drawings that can be observed in this work evoke passages from the life of Saint Catherine of Alexandria: Sword, dove, torture wheel, Mount Sinai, etc...

Leonardo may have been inspired by the life of another Catherine, Catherine Sforza, Countess of Forli. During his stay at Imola in 1501-1502, Leonardo was in the service of Caesar Borgia who had fought Catherine a few months earlier at Forli. This historical episode made Catherine Sforza famous throughout Italy. After her defeat, she spent her last years in Florence, on the lands of her last husband: Jean de' Medici. She must have met Leonardo who worked in Florence from 1500 to 1506. The temperament of Catherine Sforza echoes that of Catherine of Alexandria who remained faithful to her faith till the end, despite the torments inflicted on her by a bloodthirsty emperor. Leonardo would then have wanted to represent Saint Catherine of Alexandria in the guise of Catherine Sforza, a woman in her forties, represented veiled as on the painting. Some hidden drawings can be interpreted as references to the one nicknamed the lioness of Forli: the Biscione (the animal present on the coat of arms of the Sforzas), the head of a lioness and the profile of a bearded man resembling Caesar Borgia.

The idea of painting a Saint Catherine of Alexandria is not very original. She is one of the most represented religious figures in this period. On the other hand, hiding her attributes in the image, without leaving an obvious clue that it is a religious painting (halo or other) is a real novelty. In doing so, Leonardo creates a strong ambiguity about the identity of the character.This is a period when Leonardo seeks to move away from the codes of 15th century painting by highlighting the human side of religious characters to the detriment of their traditional attributes. Is this painting an observation game for a potential commissioner ? With her smile, the character seems to tell us: "you will never guess who I am!". The mystery of this woman's identity still hangs over 500 years later. The hypothesis of a Saint Catherine in the guise of Catherine Sforza, supported by the drawings hidden by Leonardo, is perhaps "the solution" of the enigma.

REMERCIEMENTS - ACKNOWLEDGEMENTS

Je remercie Pascal Cotte, dont le formidable travail d'étude sur la Joconde du Louvre m'a beaucoup aidé. Le site Wikipedia a été une source d'information de premier choix.

Many thanks to Pascal Cotte for his fascinating study on Mona Lisa, that really help me in this discovery. I would also like to thank Wikipedia, my main source of information and pictures.


Jérôme BOTTO, Aix en Provence, le 10 février 2022.

Contact : monacaterina@free.fr