Etude "Ginevra Benci" - Léonard de Vinci
La version officielle - The official version
Ce tableau peint par Léonard de Vinci s'intitule "Ginevra de Benci". Il daterait de 1474 – 1476 à l’huile sur bois et à la détrempe. Il est exposé à la National Gallery of Art de Washington.
Giorgio Vasari, peintre et écrivain toscan, témoigne à propos de Léonard, dans son ouvrage sur la vie des peintres en 1550 : "Il fit ensuite le portrait de la Ginevra d’Amerigo Benci, admirable chose pour laquelle il abandonna le travail des frères, qui le rendirent à Filippino".
This painting by Leonardo da Vinci is called "Ginevra de Benci". It would date from 1474 - 1476 in oil on wood and tempera. It is exhibited at the National Gallery of Art in Washington.
Giorgio Vasari, Tuscan painter and writer, testifies about Leonardo, in his work on the life of painters in 1550 : "He then painted the portrait of Ginevra by Amerigo Benci, an admirable thing for which he abandoned the work of the brothers, who returned it to Filippino".
Un rapprochement a été fait avec ce tableau, peint par Léonard pendant sa première période florentine, représentant une jeune femme. Le tableau a été interprété de deux façons différentes. Il a longtemps été considéré comme un tableau de noce commandé au moment du mariage de Ginevra Benci, jeune femme issue d'une grande famille florentine, à l’âge de dix-sept ans. Désormais, on y voit une commande de Bernardo Bembo, ambassadeur de Venise à Florence en 1475-1476 puis entre 1478 et 1480, et amoureux platonique de Ginevra. Cette interprétation date du 20ème siècle. Jusqu'en 1926 le tableau était simplement intitulé portrait de jeune dame. Le buisson de genévrier (en italien, ginepro) sur lequel se détache le buste de Ginevra Benci serait une métaphore de son prénom. Nous allons voir maintenant que cette interprétation pose question.
A comparison has been made with this painting, made by Leonardo during his first Florentine period, representing a young woman. The table has been interpreted in two different ways. It has long been considered a wedding painting commissioned at the time of the marriage of Ginevra Benci, a young woman from a noble Florentine family, at the age of seventeen. From now on, we see an order from Bernardo Bembo, Venetian ambassador to Florence in 1475-1476 then between 1478 and 1480, and platonic lover of Ginevra. This interpretation dates from the 20th century. Until 1926 the painting was simply titled portrait of a young lady.
The juniper bush (in Italian, ginepro) on which stands the bust of Ginevra Benci would be a metaphor for her first name. We will see next that this interpretation is probably wrong.
Que voit-on sur ce tableau ? What do we see on this painting?
On observe une jeune femme à la coiffure soignée, sans bijoux. Son visage est livide, sa peau d'une blancheur cadavérique, le visage triste et le regard vide. Elle porte une écharpe noire. Tous ces éléments évoquent à l'évidence la mort, le deuil. Son visage est entouré d'une masse sombre de végétation épineuse, ce qui fait ressortir la pâleur de son teint et vient renforcer l'impression de tristesse et de mort. La forme de la végétation est assez étrange. Il y a deux masses d'arbres épineux reliées entre elles avec des zones de ciel clair en haut et en bas (sur la gauche du tableau) qui semblent dessiner de vagues personnages. Elle porte un voile transparent sur le haut du corps. Les tons dominants du tableau sont marron et bleu.
We observe a young woman with a neat hairstyle, without jewelry. His face is livid, his skin deathly white, his face sad and his gaze empty. She wears a black scarf. All these elements obviously evoke death and mourning. His face is surrounded by a dark mass of thorny vegetation, which brings out the pallor of his complexion and reinforces the impression of sadness and death. The shape of the vegetation is quite strange. There are two interconnected masses of thorny trees with areas of clear sky above and below (to the left of the painting) that seem to draw vague figures. She wears a transparent veil over her upper body. The dominant tones of the painting are brown and blue.
Quel est l'arbre représenté ? What tree is depicted?
En regardant plus en détail l'arbre épineux, on observe de petits fruits rouges. Il s'agit donc à priori d'un if et non pas d'un genévrier. En effet ce dernier produit des cônes bleus violacés, alors que l'if fait des baies rouges. Ces types d'arbres sont tous deux épineux et se ressemblent beaucoup.
Looking in more detail at the thorny tree, small red fruits are observed. It is therefore a priori a yew and not a juniper. Indeed the latter produces purplish blue cones, while the yew makes red berries. These types of trees are both spiny and look very similar.
Or il se trouve que l'if a longtemps été un symbole de mort. Arbre sacré depuis les Celtes, il est souvent planté dans les cimetières. On prétend que l'if assurait le lien entre les vivants et les morts. Ce symbole de l'if vient donc renforcer le thème principal du tableau : la mort.
But it turns out that the yew has long been a symbol of death. Sacred tree since the Celts, it is often planted in cemeteries. It is said that the yew ensured the link between the living and the dead. This symbol of the yew therefore reinforces the main theme of the painting: death.
Baie de Genévrier - Juniper Berry
Baie d'if - Yew berry
En inclinant le tableau on remarque que la forme de l'arbre est plus cohérente. Le tronc est en bas et la masse de branches épineuses se positionne au dessus. Pourquoi Léonard a-t-il choisi de dessiner l'arbre ainsi ?
Explication possible : quand on regarde le tableau dans ce sens, le personnage est alors couché, évoquant encore une fois la mort.
By tilting the table we notice that the shape of the tree is more coherent. The trunk is at the bottom and the mass of thorny branches is positioned above. Why did Leonardo choose to draw the tree like this?
Possible explanation: when we look at the painting in this direction, the character is then lying down, once again evoking death.
Des fantômes dans le tableau ? Ghosts in the painting?
On aperçoit la forme grossière d'un personnage, en bleu clair à travers la masse sombre des épines. Le peintre a-t-il voulu représenter un fantôme ?
We see the rough shape of a figure, in light blue through the dark mass of spines. Did the painter want to represent a ghost ?
En regardant la zone clair du haut du tableau, retournée de 180°, on observe une autre forme grossière de personnage ou d'animal.
Looking at the light area at the top of the painting, turned 180°, we observe another coarse form of character or animal.
En analysant l'image infrarouge du tableau, on devine également des formes de personnages un peu plus précises et plus nombreuses, ce qui démontre que l'intention de Léonard était bien de faire figurer des images de fantômes dans son tableau.
By analyzing the infrared image of the painting, we can also guess a more precise and numerous forms of characters, which demonstrates that Leonardo's intention was to include images of ghosts in his painting.
On devine des têtes et des corps de personnages fantomatiques se dessinant en clair sur le fond noir. Celui du bas semble brandir un couteau.
We can make out the heads and bodies of ghostly characters emerging clearly against the black background. The bottom one appears to be brandishing a knife.
Dans la partie haute, en tournant le tableau de 90°, deux têtes de chiens se dessinent en clair.
In the upper part, by turning the painting by 90°, two dog heads emerge clearly.
A gauche du visage, on voit encore des formes assez vagues d'animaux ou de fantômes.
To the left of the face, we still see rather vague forms of animals or ghosts.
Des visages dans le paysage - Faces in the landscape
Sur l'image infrarouge on aperçoit le visage d'un homme de profil, regardant le personnage.
On the infrared image we see the face of a man in profile, looking at the character.
Buissons en forme de tête d'hommes regardant vers la droite.
Bushes in the shape of men's heads looking to the right.
Buste d'un homme de profil dans les branches d'arbre.
Bust of a man in profile in the tree branches.
Une couronne mortuaire au dos du tableau - A funeral wreath on the back of the painting
La face arrière du tableau est peinte. Elle représente une dédicace en latin "VIRTUTEM FORMA DECORAT" signifiant : "La beauté orne la vertu". Une première version du texte est apparue en image infrarouge sous le texte actuel. Il était précédemment inscrit "VIRTUS ET HORNOR", soit "Vertu et honneur".
Des branches de palme (symbole du martyr) et de laurier (symbole de mérite), entourent une petite branche avec des épines (à priori de l'if qui symbolise la mort). Cette forme circulaire avec le texte écrit sur un bandeau ondulant en travers évoque une couronne mortuaire ornée d'une dédicace. Celle-ci s'adresse donc à la mémoire de la personne décédée qui hante la mémoire de la jeune femme. Il s'agissait d'un personnage beau et vertueux.
The back side of the board is painted. It represents a dedication in Latin "VIRTUTEM FORMA DECORAT" meaning: "Beauty adorns virtue". A first version of the text appeared in infrared image under the current text. It was previously inscribed "VIRTUS AND HORNOR", or "Virtue and honor".
Palm branches (symbol of martyrdom) and laurel (symbol of merit) surround a small branch with thorns (presumably yew which symbolizes death). This circular shape with the text written on an undulating band across it evokes a funeral wreath adorned with a dedication. This one is therefore addressed to the memory of the deceased person who haunts the memory of the young woman. It was a beautiful and virtuous character.
(source Wikipedia)
Hypothèse sur la partie manquante du tableau - Hypothesis on the missing part of the table
Le tableau a été scié. Il manque probablement un bon tiers de la partie basse. Une étude de mains des carnets de Léonard pourrait correspondre au dessin de la partie basse du tableau.
D'autre part, une ressemblance a été constatée avec une statue de Verrochio "La dame aux primevères". Léonard était justement dans les années 1470 élève puis collaborateur de Verrochio au sein de son atelier à Florence. La statue et le portrait pourraient logiquement correspondre à la représentation de la même femme.
The painting has been sawed off. It is probably missing a good third of the lower part. A study of hands from Leonardo's notebooks could correspond to the drawing in the lower part of the painting.
On the other hand, a resemblance has been observed with a statue by Verrochio "La dame aux primroses". Leonardo was precisely in the 1470s a pupil and then a collaborator of Verrochio in his workshop in Florence. The statue and the portrait could logically correspond to the representation of the same woman.
(source Wikipedia)
Le National Gallery of Art propose une hypothèse de reconstruction du tableau complet à partir de la statue de Verrochio et de l'étude de mains. Les deux jeunes femmes ont des visages assez proches, la même coiffure et le même voile transparent sur le haut de la robe. Sur la statue, le bouquet est identifié comme des primevères, fleurs symbolisant le premier amour. Dans le langage des fleurs elles signifient aussi : "je ne peux pas vivre sans toi". Le choix des couleurs du tableau s'inscrit dans le thème : le marron symbolise le passé, la nostalgie. Le bleu symbolise le ciel et l'éternité.
The National Gallery of Art proposes a hypothesis of reconstruction of the complete painting from the statue of Verrochio and the study of hands. The two young women have fairly similar faces, the same hairstyle and the same transparent veil on the top of the dress. On the statue, the bouquet is identified as primroses, flowers symbolizing first love. In the language of flowers they also mean: "I can't live without you". The choice of colors in the painting fits into the theme: brown symbolizes the past, nostalgia. Blue symbolizes heaven and eternity.
Reconstruction du portrait et statue de Verrochio "La dame aux primevères" (National Gallery of Art)
Un portrait datant de la période 1475-1480, attribué à un peintre Florentin, Lorenzo di Credi, nous présente une jeune femme en deuil. Elle a le visage triste et porte une robe noire. Elle tient dans ses mains une alliance, probablement pour signifier la mort de son époux.
A portrait dating from the period 1475-1480, attributed to a Florentine painter, Lorenzo di Credi, shows us a young woman in mourning. She has sad face and wears black dress. She holds a wedding ring in her hands, probably to signify the death of her husband.
La position de ses mains est très similaire à celle de l'étude de Léonard.
The position of his hands is very similar to that of Leonardo's study.
Comme sur le tableau de Léonard on trouve un arbre épineux qui entoure la tête du personnage, en arrière-plan. Encore une fois il s'agit d'un If qui symbolise la mort. La jeune femme est peinte également au milieu de la nature, devant un beau paysage dans des tons de vert, marron et bleu. Lorenzo di Credi s'est-il inspiré du tableau de Léonard ? Ou l'inverse ? Sur ce tableau le personnage est clairement une jeune veuve en deuil.
As in Leonardo's painting, there is a thorny tree that surrounds the head of the character, in the background. Again it is a If symbolizing death. The young woman is also painted in the middle of nature, in front of a beautiful landscape in shades of green, brown and blue. Was Lorenzo di Credi inspired by Leonardo's painting? Or the opposite ? In this painting the character is clearly a young widow in mourning.
Une image infrarouge du portrait de Lorenzo di Credi révèle une version antérieure du dessin de la jeune femme dont le visage plus rond ressemble très nettement à celui du tableau de Léonard de Vinci.
Image infrarouge du portrait de jeune femme de Lorenzo di Credi (Fondazione ZERI)
Un autre portrait de la même période, peint par Botticelli (qui tout comme Léonard a été élève de Verrochio à Florence), représente une femme enceinte avec un visage et une coiffure assez semblables. Elle porte aussi un "guarnello", ce fin voile transparent cousu à l'encolure de la robe, porté par les femmes enceintes. Elle tient un mouchoir à la main, comme le personnage de la statue. Une main repose sur son ventre arrondi, geste que font naturellement les femmes enceintes.
Another portrait from the same period, painted by Botticelli (who, like Leonardo, was a pupil of Verrochio in Florence), represents a pregnant woman with a rather similar face and hairstyle. She also wears a "guarnello", this thin transparent veil sewn to the neckline of the dress, worn by pregnant women. She holds a handkerchief in her hand, like the character in the statue. A hand rests on her rounded belly, a gesture that pregnant women naturally do.
Portrait d'une dame (dit de Smeralda Brandini) - Botticelli autour de 1475.
La mise en scène est très particulière. Elle se tient debout, devant le cadre d'une fenêtre, en appui d'une main, comme si elle se sentait défaillir. Le mouchoir renforce l'impression de chagrin. A gauche du personnage (côté symbolisant son passé), une ouverture laisse entrer la lumière éclairant une colonne. On peut en déduire un passé heureux et vertueux. A sa droite en revanche (côté symbolisant le futur), un volet en bois possédant une grande croix en son centre, semble annoncer une futur compromis (sans perspective) et un décès (la croix).
Le nom supposé du personnage vient d'inscriptions qui ont été ajoutées tout en bas du tableau à une époque inconnue. On peut très difficilement lire le texte. Certains ont cru voir écrit : “Smeralda di M.Bandinelli Moglie di VI… Bandinelli”. Cependant dame Smeralda vivait à Florence mais elle aurait eu plus de 35 ans en 1475, au moment de la réalisation du tableau, ce qui n'est pas très cohérent.
The staging is very special. She stands in front of a window frame, supporting one hand, as if she felt faint. The handkerchief reinforces the impression of grief. To the left of the character (side symbolizing his past), an opening lets in light illuminating a column. We can deduce a happy and virtuous past. On its right, on the other hand (side symbolizing the future), a wooden shutter with a large cross in its center, seems to announce a future compromise (without perspective) and a death (the cross).
The supposed name of the character comes from inscriptions that were added at the very bottom of the painting at an unknown time. It is very difficult to read the text. Some thought they saw written: “Smeralda di M.Bandinelli Moglie di VI… Bandinelli”. However Lady Smeralda was living in Florence but she would have been over 35 in 1475, when the painting was made, which is not very consistent.
On observe le contour d'un cygne dessiné dans sa manche pour signifier la pureté de la jeune femme.
We observe the outline of a swan drawn in her sleeve to signify the purity of the young woman.
Si l'on retourne le tableau de 180°, on remarque le visage d'une femme au niveau du coude gauche du personnage. La couleur de la robe évoque le sang en lien avec le thème du crime.
Sur l'image infra-rouge du tableau on remarque certains détails.
Sous le mouchoir, on devine le mot PAZZI écrit en noir. Une référence au nom de l'organisateur de l'assassinat de Julien de Médicis.
Profil d'un visage féminin, regardant vers la gauche, sur la robe, sous la main gauche.
Qui pourrait être la jeune femme ? Who could the young woman be ?
Tous ces éléments soutiennent l'hypothèse que la jeune femme du portrait attend un enfant (le Garnello, la position de la main sur le ventre), tout en portant le deuil (écharpe noire, l'if, les fantômes, la couronne mortuaire au verso du cadre) de son premier amour décédé qui lui manque beaucoup (bouquet de primevères).
On peut donc écarter l'hypothèse communément admise d'un portrait de Ginevra BENCI, qui repose essentiellement sur l'association du prénom Ginevra au genévrier. Plus encore l'hypothèse d'un tableau commandé pour ses noces, ce qui est à l'opposé du thème de la mort fortement exprimé dans cette œuvre.
En 1478 un événement majeur se produit à Florence. C'est la révolution des Pazzi, une tentative d'assassinat sur les frères Médicis pendant la messe de Pâques. Laurent est simplement blessé mais Julien meurt de 19 coups de couteaux.
All these elements support the hypothesis that the young woman in the portrait is expecting a child (the Garnello, the position of the hand on the belly), while wearing mourning (black scarf, the yew, the ghosts, the funeral wreath on the back of the frame) of his deceased first love whom he misses very much (bouquet of primroses).
We can therefore rule out the commonly accepted hypothesis of a portrait of Ginevra BENCI, which is essentially based on the association of the first name Ginevra with juniper. Even more the hypothesis of a painting commissioned for his wedding, which is the opposite of the theme of death strongly expressed in this work.
In 1478 a major event occurred in Florence. It's the Pazzi revolution, an assassination attempt on the Medici brothers during Easter mass. Laurent is simply injured but Julien dies of 19 stab wounds.
Il est décrit par un auteur de l'époque comme un bel homme, musclé, bon cavalier, amateur d'art et poète. Il était aussi très gentil et plein d'humanité. Ces qualités et d'autres ont fait de lui un homme aimé par le peuple.
Sa dernière compagne Antonia GORINI surnommée Fioretta (sa femme en fait, car ils se seraient mariés en secret, information confirmée en 1513 par son frère), enceinte au moment de sa mort, lui donna un fils, Giulio (Jules de Médicis), qui devint pape, en 1523, sous le nom de Clément VII. Fioretta mourut malheureusement quelques mois après Julien.
Julien fut enterré dans la Basilique San Lorenzo de Florence lors d'une cérémonie le 30 avril 1478, cérémonie à laquelle tous les jeunes Florentins prirent part, tous endeuillés.
He is described by an author of the time as a handsome, muscular man, good horseman, art lover and poet. He was also very kind and full of humanity. These and other qualities made him a man loved by the people.
His last companion Antonia GORINI nicknamed Fioretta (his wife in fact, because they would have married in secret, information confirmed in 1513 by his brother), pregnant at the time of his death, gave him a son, Giulio (Julius de Medici), who became pope in 1523 under the name of Clement VII. Fioretta unfortunately died a few months after Julien.
Julien was buried in the Basilica of San Lorenzo in Florence during a ceremony on April 30, 1478, a ceremony in which all the young Florentines took part, all in mourning.
Julien de Médicis - portrait de Botticelli 1478 (source Wikipedia)
C'est un événement d'une telle importance dans l'histoire de Florence que les artistes en témoignent dans leurs oeuvres. Botticelli a peint les portraits des conjurés à la demande de la famille Médicis. Léonard de Vinci, dans ses carnets, dessine le cadavre de l'assassin de Julien, Bernardo di Bandino Baroncelli, pendu au Bargello.
It is an event of such importance in the history of Florence that the artists bear witness to it in their works. Botticelli painted the portraits of the conspirators at the request of the Medici family. Leonardo da Vinci, in his notebooks, draws the corpse of Julien's assassin, Bernardo di Bandino Baroncelli, hanged at the Bargello.
Sur ce tableau de Botticelli intitulé "Le Printemps" et datant de cette période, plusieurs personnages sont représentés. Vénus est au centre avec un vêtement rouge et blanc. Cupidon est tout à gauche vêtu de rouge également. Ils sont liés par la couleur rouge qui représente le désir.
On this painting by Botticelli entitled "Le Printemps" and dating from this period, several characters are represented. Venus is in the center with a red and white garment. Cupid is on the far left dressed in red as well. They are linked by the color red which represents desire.
Tableau "Le Printemps" Botticelli 1478-1482 (source Wikipedia)
Vénus est une jeune femme enceinte ressemblant fortement aux trois femmes que nous venons d'étudier.
Venus is a pregnant young woman who strongly resembles the three women we have just studied.
Cupidon est réputé être le portrait de Julien de Médicis.
Cupid is reputed to be the portrait of Giuliano de Medici.
Julien est ici représenté dans un autre tableau de Botticelli, l'adoration des mages. Sur sa poitrine on observe des motifs brodés en fils d'or.
Giuliano is represented here in another painting by Botticelli, the Adoration of the Magi. On his chest there are patterns embroidered in gold threads.
On retrouve ces mêmes motifs brodés sur la robe du portrait de la dame enceinte, peinte par Botticelli. Ce qui confirme que cette jeune femme était très liée à Julien de Médicis.
We find these same embroidered motifs on the dress of the portrait of the pregnant lady, painted by Botticelli. Which confirms that this young woman was very close to Giuliano de Medici.
Ce tableau de Lorenzo di Credi, qui date de cette période autour de la mort de Julien de Médicis est très probablement un portrait souvenir de Fioretta, la veuve de Julien. Il y a trop d'éléments de concordance avec le tableau de Léonard pour ne pas en conclure que Lorenzo s'est inspiré du tableau de Léonard ou l'inverse : le personnage posant devant un paysage aux couleurs vert, bleu et marron, la position des mains et l'if entourant la tête.
This painting by Lorenzo di Credi, which dates from this period around the death of Giuliano de' Medici, is most likely a souvenir portrait of Fioretta, Giuliano's widow. There are too many elements of agreement with Leonardo's painting not to conclude that Lorenzo was inspired by Leonardo's painting or the reverse: the character posing in front of a landscape in green, blue and brown colors, the position of the hands and the yew surrounding the head.
En supposant que Lorenzo a fidèlement recopié les mains du personnage de Léonard, on peut présumer que la partie basse manquante ressemblait à cela.
Assuming that Lorenzo faithfully copied the hands of Leonardo's character, we can assume that the missing lower part looked like this.
On peut conclure que toutes ces femmes sont probablement des représentations d'une seule et même femme, Antonia (dite Fioretta) GORINI, la dernière compagne de Julien de Médicis et mère de son seul héritier. Il n'est pas étonnant que le milieu artistique florentin ait voulu témoigner et rendre hommage à ce couple de premier plan, à travers de nombreuses œuvres. Fioretta et Julien symbolisaient la beauté, la réussite et la vertu. Ils vécurent successivement une fin de vie tragique pendant l'année 1478.
We can conclude that all these women are probably representations of one and the same woman, Antonia (known as Fioretta) GORINI, the last companion of Giuliano de Medici and mother of his only heir. It is not surprising that the Florentine artistic community wanted to testify and pay homage to this leading couple, through numerous works. Fioretta and Giuliano symbolized beauty, success and virtue. They lived successively a tragic end of life during the year 1478.
Le tableau montré par Léonard à Amboise, au Cardinal d'Aragon, en 1517 - The painting shown by Leonardo at Amboise, to the Cardinal of Aragon, in 1517
Le journal de voyage du cardinal d’Aragon, rédigé par Antonio de Beatis. En déplacement en France, le cardinal d'Aragon rend visite à Léonard de Vinci le 10 octobre 1517 dans le château du Clos-Lucé à Amboise. Son secrétaire Antonio de Beatis note dans son journal qu'il y admire trois tableaux de Léonard dont celui « d’une certaine dame florentine faite au naturel sur les instances de feu le Magnifique, Julien de Médicis ».
Ces éléments correspondent parfaitement au portrait de Fioretta Gorini, une dame florentine, peinte devant un paysage de nature, et veuve de son mari assassiné, Julien de Médicis, frère de Laurent le magnifique. La question est de savoir comment ce tableau aurait pu se trouver à Amboise en 1517. A cette époque les rois de France : Charles VII, Louis XII et François 1er sont de grands amateurs d'art italien. Durant les campagnes en Italie qu'ils vont successivement mener, de 1494 à 1515, ils vont acheter ou réquisitionner un grand nombre de tableaux de maîtres, dont ceux de Léonard de Vinci qu'ils apprécient beaucoup. Ainsi la Vierge aux rochers, la Madone aux fuseaux, Bacchus, la belle Ferronnière, saint Jean-Baptiste, Sainte Anne et la Joconde vont finir dans les collections royales.
S'il a été commandé à l'origine par la famille de Julien de Médicis, il est possible que le roi Charles VIII, grand amateur d'art italien, lors de sa campagne militaire en Italie, passant par Florence en 1494 ait acquis le tableau pour ses collections personnelles. Le roi Louis XII lorsqu'il conquiert Milan, commande des œuvres à Léonard, dont la célèbre Madone aux fuseaux. Ce commentaire d'Antonio de Béatis ne ferait donc pas référence au portrait de Mona Lisa, dont on ne saurait pas expliquer pourquoi il aurait été commandé par Julien de Médicis au lieu de son époux Francesco Del Giocondo.
The Cardinal of Aragon's travel diary, written by Antonio de Beatis. While traveling in France, the Cardinal of Aragon visited Leonardo da Vinci on October 10, 1517 in the Château du Clos-Lucé in Amboise. His secretary Antonio de Beatis noted in his diary that he admired three paintings by Leonardo there, including that "of a certain Florentine lady made natural at the behest of the late Magnificent, Giuliano de' Medici".
These elements correspond perfectly to the portrait of Fioretta Gorini, a Florentine lady, painted in front of a landscape of nature, and widow of her murdered husband, Giuliano de' Medici, brother of Lorenzo the Magnificent. The question is to know how this painting could have been in Amboise in 1517. At that time the kings of France: Charles VII, Louis XII and François 1er were great lovers of Italian art. During the campaigns in Italy that they will successively carry out, from 1494 to 1515, they will buy or requisition a large number of paintings by masters, including those of Leonardo da Vinci, which they greatly appreciate. Thus the Virgin of the Rocks, the Madonna of the Spindles, Bacchus, the beautiful Ferronnière, Saint John the Baptist, Saint Anne and the Mona Lisa will end up in the royal collections.
Although it was originally commissioned by the family of Giuliano de Medici, it is possible that King Charles VIII, a great lover of Italian art, during his military campaign in Italy, passing through Florence in 1494 acquired the painting for his personal collections. King Louis XII when he conquered Milan, commissioned works from Leonardo, including the famous Madonna of the Bobbins. This commentary by Antonio de Béatis would therefore not refer to the portrait of Mona Lisa, for which we cannot explain why it would have been commissioned by Giuliano de Medici instead of her husband Francesco Del Giocondo.
A la recherche du véritable portrait de Ginevra Benci - In search of the true portrait of Ginevra Benci
Comme dans le cas du portrait de Mona Lisa, nous avons des sources historiques qui nous donnent la certitude que Léonard a peint le portrait de Ginevra Benci. Cependant aucun élément ne nous permet de faire le rapprochement avec le tableau qui porte son nom aujourd'hui. Au contraire, l'analyse du tableau permet de conclure qu'il s'agit du portrait d'une autre femme : Fioretta Gorini.
Pour tenter de retrouver le véritable portrait de Ginevra Benci, il faut revenir au témoignage de Giorgio Vasari et s'intéresser à l'histoire de Ginevra Benci. Il y a un énorme problème de chronologie dans la version officielle. En effet Vasari précise que Léonard a peint le portrait de Ginevra à son retour à Florence, soit en 1500. Ginevra avait alors dépassé la quarantaine. Or la version officielle place la réalisation du portrait autour de 1474-1476, proche de la date de son mariage quand Ginevra était jeune comme le modèle du tableau.
"Léonard retourna à Florence au moment où les frères Servites venaient de confier à Filippino le tableau du maître-autel de la Nunziata ; il regretta de ne point en avoir été chargé. Filippino, digne et excellent homme, l’ayant appris, y renonça en sa faveur. Léonard vint s’installer avec sa famille chez les bons frères, qui l’hébergeaient et le défrayaient de tout. ... Il fit ensuite le portrait de la Ginevra d’Amerigo Benci, admirable chose pour laquelle il abandonna le travail des frères, qui le rendirent à Filippino".
Nous avons des indices historiques prouvant que Léonard était un proche de la famille Benci. Lors de son départ de Florence pour Milan en 1482, il laisse son projet inachevé d'adoration des mages dans la demeure d'Amerigo Benci, le père de Ginevra. Giorgio Vasari : "Il commença une Adoration des Mages où il y a de grandes beautés, surtout dans les figures. Ce tableau inachevé, suivant la malheureuse coutume du peintre, est dans la maison d’Amerigo Benci, en face de l’habitation des Peruzzi".
On trouve aussi dans les écrits de Léonard mention d'un Giovanni d'Amerigo Benci. Il s'agit du frère de Ginevra, un riche mécène florentin qui s'intéresse aux sciences et à la littérature. Il aurait été en possession de plusieurs objets appartenant à Léonard : son globe, une partie de ses livres, quelques outils de travail et quelques pierres précieuses. Précisément à propos du globe, Léonard écrit au recto de la page 331 de son Codex Atlanticus : « el mon globe avec Giovanni Be[n]ci » ( 1504 ). Le « globe de Benci » revient au recto de la page 191 de son Codex Arundel (1504).
Donc autour de 1500, Léonard est en relation avec le frère de Ginevra et peint son portrait. Il est hébergé par les moines servites de la ville au couvent de l'église de la Santissima Annunziata dont son père est un des procurateurs.
As in the case of the Mona Lisa portrait, we have historical sources that give us certainty that Leonardo painted the portrait of Ginevra Benci. However, no element allows us to make the connection with the painting that bears his name today. On the contrary, the analysis of the painting leads to the conclusion that it is the portrait of another woman: Fioretta Gorini.
To try to find the true portrait of Ginevra Benci, we must return to the testimony of Giorgio Vasari and take an interest in the story of Ginevra Benci. There is a huge timeline problem in the official release. Indeed Vasari specifies that Leonardo painted the portrait of Ginevra on his return to Florence, in 1500. Ginevra was then over forty. However the official version places the realization of the portrait around 1474-1476, close to the date of his marriage when Ginevra was young like the model of the painting.
"Leonardo returned to Florence when the Servite brothers had just entrusted Filippino with the painting of the high altar of the Nunziata; he regretted not having been entrusted with it. Filippino, a worthy and excellent man, having learned of it, gave it up in his favor. Leonardo came to settle with his family with the good brothers, who lodged him and paid for everything. ... He then painted the portrait of Ginevra by Amerigo Benci, an admirable thing for which he abandoned the work of the brothers, who returned it to Filippino".
We have historical clues proving that Leonardo was close to the Benci family. When he left Florence for Milan in 1482, he left his unfinished project of worshiping the Magi in the home of Amerigo Benci, Ginevra's father. Giorgio Vasari: "He began an Adoration of the Magi in which there are great beauties, especially in the figures. This unfinished picture, following the unfortunate custom of the painter, is in the house of Amerigo Benci, opposite the dwelling of the Peruzzi".
We also find in Leonardo's writings mention of a Giovanni d'Amerigo Benci. He is the brother of Ginevra, a rich Florentine patron who is interested in science and literature. He would have been in possession of several objects belonging to Leonardo: his globe, part of his books, some work tools and some precious stones. Precisely about the globe, Leonardo writes on the front of page 331 of his Codex Atlanticus: “el mon globe avec Giovanni Be[n]ci” (1504). Benci's "globe" recurs on the front of page 191 of his Codex Arundel (1504).
So around 1500, Leonardo is in contact with Ginevra's brother and paints his portrait. He was lodged by the town's Servite monks in the convent of the church of the Santissima Annunziata, of which his father was one of the procurators.
Que sait-on de Ginevra Benci - What do we know about Ginevra Benci
Ginevra est née en 1457 et se marie à Luigi Nicollini en 1474. Elle n'aura a priori pas d'enfants. En 1480, Luigi se plaint de ses difficultés et de sa mauvaise situation économique, rappelant aussi qu'il devait supporter les dépenses pour maintenir sa femme malade, car elle souffrait d'une longue maladie.
Ginevra was born in 1457 and married Luigi Nicollini in 1474. She would have no children a priori. In 1480, Luigi complained about his difficulties and his bad economic situation, also recalling that he had to bear the expenses to keep his wife sick, because she was suffering from a long illness.
Un sonnet de Laurent de Médicis (le magnifique), datant de 1478-80, est dédié à Ginevra Benci. Il nous indique qu'elle se consacre à la religion avec ferveur. Luigi meurt en 1505 et Ginevra en 1521. Elle est enterrée au couvent Le Murate à Florence. Il s'agissait d'un monastère du XVe siècle dédié à la Santissima Annunziata et à Santa Caterina, habité par des religieuses cloîtrées appelées « murate ». Situé dans la via Ghibellin, il accueille à cette époque 200 pensionnaires Bénédictines. Dans les registres du couvent il est écrit que Ginevra a été enterrée dans le sépulcre du couvent en habit de nonne. Il y a dans ce monastère une cellule spéciale pour la famille Benci nommée “Cella de Benci”.
Ginevra s'est donc probablement retirée assez tôt dans le couvent Le Murate pour vivre une vie religieuse. Or il existe un tableau d'époque qui fait écho à ce thème. Il s'agit du portrait d'une femme, intitulé "La donna velata".
A sonnet by Lorenzo de Medici (the magnificent), dating from 1478-80, is dedicated to Ginevra Benci. He tells us that she devotes herself to religion with fervor. Luigi died in 1505 and Ginevra in 1521. She was buried in the convent Le Murate in Florence. It was a 15th century monastery dedicated to the Santissima Annunziata and Santa Caterina, inhabited by cloistered nuns called “murate”. Located in via Ghibellin, at that time it housed 200 Benedictine boarders. In the registers of the convent it is written that Ginevra was buried in the sepulcher of the convent in the habit of a nun. There is in this monastery a special cell for the Benci family called “Cella de Benci”.
Ginevra therefore probably retired early enough to the Le Murate convent to live a religious life. However, there is a period painting that echoes this theme. This is the portrait of a woman, entitled "La donna velata".
"Donna Velata" 1506-10, huile sur bois, Galerie des Offices à Florence.
Ferdinando III de Lorraine, Grand-duc de Toscane a acheté ce tableau en 1819 comme une œuvre de Leonard de Vinci. Il a été réattribué par la suite au peintre florentin Rodolfo Ghirlandaio.
Le fait que cette femme porte un voile justifiait autrefois le titre de l’œuvre en italien : la Monaca (la religieuse).
Ce tableau pourrait être le portrait de Ginevra Benci peint par Léonard vers 1500 lors de son retour à Florence. A cette période Ginevra, quarante ans passés, s'est tournée vers la vie religieuse.
Ferdinando III of Lorraine, Grand Duke of Tuscany purchased this painting in 1819 as a work by Leonardo da Vinci. It was later reassigned to the Florentine painter Rodolfo Ghirlandaio.
The fact that this woman wears a veil once justified the title of the work in Italian: la Monaca (the nun).
This painting could be the portrait of Ginevra Benci painted by Leonardo around 1500 when he returned to Florence. At this time Ginevra, over forty, turned to religious life.
Ce panneau est associé au tableau "La donna velata" (ou La Monaca). Il pourrait avoir été conçu initialement pour protéger le tableau. On y lit l'inscription "Sua cuique persona" (qui pourrait se traduire par "à chacun sa personnalité"). Lorsque le panneau était rabattu sur le portrait, n’apparaissaient plus alors que les yeux de la Monaca dans les deux trous du masque. Le masque prenait vie !
Léonard peut avoir ajouté ce couvercle pour symboliser le choix de vie de Ginevra qui a décidé de vivre à l'écart de la ville et du monde, murée dans le silence du couvent de Le Murate.
This panel is associated with the painting "La donna velata" (or La Monaca). It could have been originally designed to protect the painting. It reads the inscription "Sua cuique persona" (which could be translated as "to each his own personality"). When the panel was folded over the portrait, only the eyes of the Monaca no longer appeared in the two holes of the mask. The mask came to life!
Leonardo may have added this cover to symbolize Ginevra's choice of life, who decided to live away from the city and the world, walled in the silence of the convent of Le Murate.
Le blason de la famille De Benci de Florence (au monastère "delle Murate") est également flanqué de deux lions redressés comme sur le panneau ci-dessus lié au tableau.
The coat of arms of the De Benci family of Florence (in the "delle Murate" monastery) is also flanked by two upright lions as in the panel above.
Il existe une autre représentation de Ginevra Benci de son vivant. Vasari dans son ouvrage sur la vie des peintres, au chapitre concernant Domenico Ghirlandaio, identifie une des femmes de la fresque de la Visitation à Marie, comme étant Ginevra Benci.
There is another representation of Ginevra Benci during her lifetime. Vasari in his work on the lives of painters, in the chapter concerning Domenico Ghirlandaio, identifies one of the women in the fresco of the Visitation to Mary, as Ginevra Benci.
Le groupe de droite est composé de portraits de femmes nobles contemporaines du peintre : la première, de profil et magnifiquement vêtue, aux cheveux élégants et dans une noble posture droite est Giovanna degli Albizzi, mariée à Lorenzo Tornabuoni en 1486.
The group on the right is made up of portraits of noble women contemporary with the painter: the first, in profile and magnificently dressed, with elegant hair and in a noble upright posture, is Giovanna degli Albizzi, married to Lorenzo Tornabuoni in 1486.
Ghirlandaio a précédemment peint le portrait (à gauche) de Giovanna degli Albizzi, dans la même tenue et la même pose, à l'occasion de sa mort à 19 ans en 1488. Ce portrait est conservé au musée Thyssen-Bornemisza à Madrid. Les deux autres femmes derrière Giovanna font probablement parti de la famille Tornabuoni.
Ghirlandaio previously painted the portrait (left) of Giovanna degli Albizzi, in the same outfit and pose, on the occasion of her death at age 19 in 1488. This portrait is kept in the Thyssen-Bornemisza Museum in Madrid. The other two women behind Giovanna are probably part of the Tornabuoni family.
Vasari témoigne : "Le deuxième compartiment, à côté de l'autre, représente sainte Elisabeth visitant la Vierge ; beaucoup de dames l'accompagnent, en costumes du temps, entre autres Ginevra Benci qui était alors une très belle jeune fille".
Vasari testifies: "The second compartment, next to the other, represents Saint Elizabeth visiting the Virgin; many ladies accompany her, in costumes of the time, among others Ginevra Benci who was then a very beautiful young girl".
A l'époque de la fresque Ginevra est âgée d'une trentaine d'années. On remarque la ressemblance entre cette jeune fille de la fresque et le personnage du tableau de "La Religieuse" réalisé dix ans plus tard. Cet indice est un élément supplémentaire permettant d'identifier le portrait de Ginevra Benci.
At the time of the fresco Ginevra was about thirty years old. We notice the resemblance between this young girl in the fresco and the character in the painting "The Nun" produced ten years later. This clue is an additional element to identify the portrait of Ginevra Benci.
Les vues de Florence, peintes de part et d'autre du personnage, correspondent à des édifices réels, comme si le modèle avait pris la pose en hauteur depuis le campanile de la basilique Santa Maria Novella.
The views of Florence, painted on either side of the character, correspond to real buildings, as if the model had taken a pose high up from the campanile of the Santa Maria Novella basilica.
A gauche du personnage on reconnait les arches de l'ancien hôpital San Paolo (aujourd'hui musée Nuevocento) sur la place de Santa Maria Novella et derrière le dôme de la basilique Santo Spirito. On remarque que le campanile à droite de la basilique n'était pas encore construit à l'époque du tableau. Il a été érigé en 1503. Le tableau aurait été peint par Léonard de Vinci dès son arrivée à Florence vers 1500 comme le suggère Vasari.
To the left of the figure we recognize the arches of the old San Paolo hospital (now the Nuevocento Museum) in the square of Santa Maria Novella and behind the dome of the Santo Spirito basilica. We note that the campanile to the right of the basilica was not yet built at the time of the painting. It was erected in 1503. The painting was apparently painted by Leonardo da Vinci upon his arrival in Florence, as Vasari suggests.
A droite on retrouve l'église de Santa Maria del Carmine avec sa place carrée et l'imposante porte San Frediano située 200m plus à l'ouest.
On the right we find the church of Santa Maria del Carmine with its square and the imposing San Frediano gate located 200m further west.
Conclusion
Léonard de Vinci a bien peint le portrait de Ginevra Benci comme l'indique Giorgio Vasari dans son ouvrage sur la vie des peintres. Il connaissait la famille Benci et notamment le frère de Ginevra, Giovanni, avec qui il a échangé des objets personnels. Cependant Vasari place la réalisation de ce portrait au retour de Léonard à Florence vers 1500, tout comme celui de Mona Lisa. Le tableau du National Gallery of Art de Washington dit "Ginevra Benci" ne peut donc pas correspondre à ce portrait. Ginevra avait quarante ans passés en 1500 alors que le tableau présente une toute jeune fille. De plus les experts estiment qu'il s'agit d'un tableau réalisé dans la jeunesse de Léonard autour de 1478.
Beaucoup d'éléments de ce portrait évoquent le deuil. Il est a relier à l'assassinat de Julien de Médicis, lors de la révolte des Pazzi en 1478 et pourrait correspondre au portrait de Fioretta Gorini, sa dernière compagne, enceinte de son seul héritier au moment de sa mort. D'autres portraits ou statues de la même époque reproduisent l'image d'une jeune femme enceinte, portant le deuil, qui lui ressemble.
L'histoire de Ginevra Benci révèle une femme sans enfants, probablement malade, qui se tourne rapidement vers la religion et qui finira sa vie au couvent Le Murate de Florence. Un tableau anciennement attribué à De Vinci, représentant le portrait d'une femme d'âge mûr dite "La Monaca" (la religieuse), pourrait correspondre au portrait de Ginevra Benci réalisé par Léonard à Florence vers 1500. Un cloître dans le paysage évoque la ville de Florence et la vie religieuse. Le personnage, le visage triste, vêtu de noir et de blanc, un voile sur la tête, tient un livre à la main. Autant d'éléments qui rappellent le service religieux. Un deuxième témoignage de Vasari nous indique que l'on peut trouver une autre représentation de Ginevra dans la fresque de Ghirlandaio illustrant la Visitation, exposée dans la chapelle Tornabuoni de l'église Santa Maria Novella à Florence. On y remarque une femme, dont le visage ressemble à celui du portrait de La Monaca. Cette fresque réalisée vers 1490, nous montre une Ginevra plus jeune, autour de la trentaine.
La Monaca, aujourd'hui exposé à la galerie des offices de Florence est donc probablement le portrait de Ginevra Benci peint par Léonard de Vinci vers 1500. Même s'il a été attribué à Rodolfo Ghirlandaio, il existe de nombreuses erreurs d'attributions dans les tableaux de la renaissance.
Leonardo da Vinci painted the portrait of Ginevra Benci, as indicated by Giorgio Vasari in his work on the lives of painters. He knew the Benci family and in particular Ginevra's brother, Giovanni, with whom he exchanged personal items. However Vasari places the realization of this portrait on Leonardo's return to Florence around 1500, ajust before he started the Mona Lisa. The painting in the National Gallery of Art in Washington called "Ginevra Benci" cannot therefore correspond to this portrait. Ginevra was forty years old in 1500 when the painting shows a very young girl. In addition, experts believe that it is a painting made in Leonardo's youth around 1478.
Many elements of this portrait evoke mourning. It is to be linked to the assassination of Giuliano de Medici, during the revolt of the Pazzi in 1478 and could correspond to the portrait of Fioretta Gorini, his last companion, pregnant with his only heir at the time of his death. Other portraits or statues from the same period reproduce the image of a young pregnant woman, wearing mourning, who resembles her.
The story of Ginevra Benci reveals a woman without children, probably ill, who quickly turns to religion and who will end her life in the Le Murate convent in Florence. A painting formerly attributed to Da Vinci, representing the portrait of a middle-aged woman called "La Monaca" (the nun), could correspond to the portrait of Ginevra Benci painted by Leonardo in Florence around 1500. A cloister in the landscape evokes the city of Florence and religious life. The character, the sad face, dressed in black and white, a veil on the head, holds a book in his hand. So many elements reminiscent of the religious service. A second testimony from Vasari tells us that another representation of Ginevra can be found in Ghirlandaio's fresco illustrating the Visitation, exhibited in the Tornabuoni chapel of the Santa Maria Novella church in Florence. We notice a woman, whose face resembles that of the portrait of La Monaca. This fresco, produced around 1490, shows us a younger Ginevra, around her thirties.
The Monaca, now exhibited in the Uffizi Gallery in Florence, is therefore probably the portrait of Ginevra Benci painted by Leonardo da Vinci around 1500. Even though it has been attributed to Rodolfo Ghirlandaio, there are many attribution errors in Renaissance paintings.